édito
POUR le Grand Emprunt ? Non. La France est déjà bien trop endettée !
Esprits d’Entreprises a interrogé ses membres sur 2 thèmes:
Etes-vous favorable au principe du Grand Emprunt ? A quoi alloueriez-vous ces sommes, si le projet est mis à exécution ?
La réponse à la première question est clairement : Non. La France est déjà assez endettée comme cela, commençons déjà par réduire un certain nombre de dépenses qui peuvent l’être, notamment au sein de la sphère publique au sens le plus large du terme. Remettons la RGPP sur les rails et avançons dans sa réelle mise œuvre.
Maintenant, si l’emprunt est réalisé, que faire ? Nos membres rejoignent alors les avis synthétiques de la commission, avec deux axes forts : l’innovation et la recherche, longtemps sacrifiées et l’investissement pour rendre l’Etat plus productif. Les exemples abondent, depuis les systèmes médicaux de suivi à distance d’une population vieillissante en passant par tous les systèmes informatiques visant à automatiser davantage encore le fonctionnement des administrations. A cet égard, l’annonce récente du renforcement des fonds alloués par le FSI et Oseo est un message fort et complètera très utilement un tel dispositif.
Le Club n’est donc pas favorable à cet emprunt, qui, pour des raisons de coût et de complexité, n’aura même pas le mérite « éducatif » d’associer les Français à titre individuel.
En tant que force de proposition Esprits d’Entreprises préfère infiniment se préoccuper des rentrées plutôt que des sorties. A l’heure où la question du prélèvement à la source de certaines contributions refait surface, il propose d’appliquer ledit prélèvement à la source à l’impôt sur les intérêts des emprunts de l’Etat Français, les fameux OAT. La France est l’un des très rares pays à ne pas y recourir.
Aujourd’hui, pour alléger la dette, il s’agit de faire rentrer plus de 10 Milliards d’Euros de recettes (typiquement le prélèvement libératoire de 28% sur une OAT à 4%). Monsieur Woerth devrait apprécier, les syndicats de Bercy peut-être un peu moins pour la réduction d’effectifs à en attendre par simplification des processus, mais l’heure est-elle encore à ce type de considérations ?
En quoi la qualité de la signature de l’Etat Français devrait-elle en être affectée ? Au-delà d’une contrariété passagère de certains bailleurs (étrangers), probablement moins qu’en empruntant encore 30 Milliards de plus pour révéler ainsi que notre recherche est anémique et donc peu apte à créer la valeur ajoutée qui remboursera les intérêts de la dette.
Diaa Elyaacoubi
Présidente du club Esprits d’Entreprises
Bernard Ochs
Vice Président du club Esprits d'Entreprises
Le club "Esprits d'Entreprises" regroupe 400 PME performantes et de croissance
www.espritsdentreprises.fr